Où es-tu ? : Ajouté le 11/6/2007 à 08:23

Je ne sais plus comment faire, quoi faire, ni quoi penser, tellement la
douleur est immense et tellement tu me manques. Le mal est vicieux, il
est lancinant tous les jours, il ne se voit pas mais se ressent; j'ai
du mal à me mettre à la place de tes parents, que j'aime tant, ça ne
doit pas pouvoir s'expliquer ce qu'ils ressentent...
Le simple fait de me dire que plus jamais on ne rira ensemble, plus
jamais on ne délirera ensemble, on ne dira ou fera des bêtises, que
plus jamais on ne se lancera dans des discussions existentielles(si
censées pour un garçon de ton âge), me rend complètement malade. Tu
étais celui de la famille avec qui je me sentais le plus de points
communs, même sensibilité, même esprit de rebellion...
J'ai toujours pensé que notre relation était très spéciale. J'avais
toujours le soucis de prendre de tes nouvelles, parce que, que tu
ailles bien et que tu sois heureux m'importait énormément; j'ai
toujours pris ta défense quand, parfois quelqu'un avait des propos à
ton égard qui ne me plaisaient pas; je ne sais pas si tu savais tout
ça, en tout cas j'essayais de te le montrer comme je pouvais, et de te
répéter aussi souvent que je le pouvais que mon attention pour toi
était toujours présente à n'importe qu'elle heure du jour ou de le
nuit. Je prenais plaisir à ce qu tu sollicites mes conseils et
recueillir tes confidences était un signe d'estime que tu me portais et
un magnifique cadeau parceque je t'aime beaucoup.
Tu m'as beaucoup manqué le jour de tes obsèques. Parce que j'avais pris
l'habitude, en cas de drame familiale, de me tourner vers toi, comme
pour le décès de pépé et mémé... En effet, nous étions rester ensemble
tout le temps et tu avais cette faculté de me faire relativiser, grâce
à ta simple présence et à tes gestes de douceur. Ce jour là tu n'étais
pas là pour me rassurer, je me sentais seule au monde dans cette grande
église innondée de personnes venues t'accompagner pour ton dernier
voyage; tu n'as pas poser ta main sur mon épaule en silence quand je
pleurais comme tu l'avais fait pour les obsèques de mémé, un geste qui
m'avait profondément touché et qui m'a énormément manqué. J'étais
seule, j'étais triste, j'avais envie d'hurler qu'on me rende mon
meilleur ami, mais pour toi je me suis contrôlée.
Si tu savais aujourd'hui comme je regrette de ne pas t'avoir plus
souvent vu, j'aurai aimé profiter de plus de choses avec toi, seulement
ma pudeur et ma discretion me disait de te laisser profiter avec tes
amis (j'ai toujours peur de déranger)plutôt que l'on se voit. Je n'en
restais, de toute manière pas moins disponible pour toi si besoin
était. Je pense qi'il ya des personnes comme ça, dont on a pas besoin
de montre à quel point elles sont importantes pour nous tellement
l'amour est grand...
Depuis que tu n'es plus là, je me remémore tout ce que l'on a vécu
ensemble, et je n'aurais pas cru, mais nombreux sont les moments de
tendres complicités que l'on a passés. Plusieurs anecdotes me viennent
en mémoire; le voyage à Euro Disney, ce monde merveilleux que l'on
découvrait ensemble avec nos amis; je me souviens, lorsque nous
passions les vacances d'été et que nous partagions le même lit comme
des frères et soeurs, les parties de rigolades quand au petit matin je
t'engueulais gentiment parceque tu ronflais pendant la nuit; je me
souviens que je prenais soin de te protéger quand tu me suivais et que
tu venais avec les "grands"; quand un jour Vincent t'avais jeter dans
la piscine alors que tu ne savais pas nager, je me suis précipitée pour
te prendre dans mes bras, quelle frayeur pour toi et moi ce jour là!
Les anecdotes sont nombreuses et toutes empreintes de pur bonheur...tu
n'es plus là et ma tristesse reste inconsolable. Plus jamais tu ne me
diras "Ma chérie!!!", avec tes yeux qui pétillent, ce qui me rendait
folle de bonheur et qui me faisait t'aimer encore plus...
Aujourd'hui, quelqu'un de très important à mes yeux s'est endormi à
jamais, c'est mon ami d'enfance, mon petit frère, mon sang, mon
meilleur ami. Jamais je ne pourrais oublier le jour où sa mère m'a
téléphonné pour me dire qu'il était mort, jamais je ne pourrais oublier
la peine qui m'a envahit à ce moment précis. Jamais je ne veux oublier
ton sourire, ton regard malicieux, ton amour, ta tendresse...
"Mon p'tit cachou" (c'est la manière dont je t'appelais), j'espère que
là où tu te trouves tu es bien, j'espère que l'on se reverra un jour,
et si non, sache que tu es à jamais graver dans mon coeur et présent
dans chacun de mes pas... Je t'aime.
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